02/03/2014

In memoriam : Sylvia Kristel et... Hugo Claus

Cette note a paru sur mon ancien blog le 21 décembre 2012.

Sylvia Kristel, l'actrice qui incarna Emmanuelle, née à Utrecht en 1952, est décédée le 17 octobre dernier. Elle a, outre le rôle qui l'a rendue célèbre, contribué à l'histoire littéraire de notre temps.

Elle a en effet été, dans les années 70, la compagne de l'écrivain belge
Hugo Claus, considéré comme l'un des plus grands écrivains de langue néerlandaise du XXè siècle. La liaison entre Hugo et Sylvia fut une liaison entre un homme d'âge mûr, désormais sûr de son succès, et une femme plus jeune que lui de 22 ans, et consumée par le même succès. Une histoire d'amour qui n'est pas sans rappeler celle d'Arthur Miller et Marylin Monroe.

Hugo Claus est né à Bruges en 1929, est mort à Anvers en 2008, a vécu à Amsterdam et à Paris, et son livre Le Chagrin des Belges met en scène la ville de Courtrai, sous le nom fictif de Walle. Mais sa vraie ville de cœur était sans doute Gand. Il y a habité, et son frère y tenait un café, proche de l'Eglise Saint-Michel, dont le clocher fait partie du fameux alignement des tours du centre historique.

Les élèves de l'enseignement secondaire étudient son livre
Le Chagrin des Belges qui est ainsi devenu un classique, bien qu'il ait paru en 1983, une date très récente à l'échelle de l'histoire littéraire. J'ai une pensée pour ce livre à chaque fois que je passe à Courtrai, même quand le passage en question se borne à un simple changement de quai à la gare ferroviaire.

Hugo Claus a contribué à de nombreux débats de société en Belgique. Son livre Le Chagrin des Belges montre comment une certaine moyenne bourgeoisie, par conservatisme social, en vient à voir l'occupant allemand avec sympathie pendant la guerre. Est ainsi posé le problème de la collaboration pendant l'Occupation. Le décès d'Hugo Claus, d'une maladie incurable, a alimenté le débat sur l'euthanasie.

Quant à
Sylvia Kristel, son destin incarne l'irruption de l'érotisme, et au-delà, l'omniprésence de la génitalité dans la vie publique et ce qu'il est convenu d'appeler la marchandisation du désir. Par sa liaison avec elle, Hugo Claus a aussi été aux premières loges de cette évolution de notre époque.

Vincent

Sur le même sujet :
http://septentrionblog.onserfdeel.be/post/2012/10/22/In-memoriam-Sylvia-Kristel-1952-2012.aspx

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